samedi 31 octobre 2009

USA. TV. "Breaking bad", vive la chimie!


Si comme moi, vous avez dormi pendant vos cours de chimie, et êtes resté persuadé depuis qu'il ne doit y avoir rien de plus ennuyeux au monde que le comportement de molécules triturées sous un microscope et plongées dans un liquide peu engageant dans une éprouvette, "Breaking Bad" est fait pour vous.

Non qu'il changera votre point de vue sur le côté intrinsèquement assommant d'un prof de chimie. Mais Walter White, ancien génie de la chimie et aujourd'hui prof dans un lycée quelconque de New Mexico, a déjà gagné sa place au panthéon des anti-héros. Walter, cinquantenaire aigri et renfermé, pas beau et pas charismatique pour un sou, ne semble plus attendre que la retraite avec une résignation qui fait peine à voir, entouré de sa femme (plus jeune que lui) et de son fils, un ado attardé et handicapé.

Mais deux évènements vont venir chambouler sa vie. Sa femme tombe enceinte et on lui diagnostique un cancer des poumons en phase terminale qui ne lui laisse au mieux que deux ans d'espérance de vie.

Paniqué à l'idée de laisser sa petite famille dans le besoin et plongée jusqu'au cou dans les dettes, il cache sa maladie à ses proches et s'associe à Jessee Pinkman, un ancien élève et cancre de la classe devenu petit dealer. Son idée? Se servir de ses connaissances en chimie pour fabriquer de la methamphetamine et déléguer à Jessee la commercialisation de la drogue.

Walter pique dans le labo de l'école tout ce dont il aura besoin et se sert de ses économies pour acheter un camping car qui devient leur labo roulant. Malheureusement pour Walter, faire de l'argent rapidement avec la drogue, n'est pas si facile. Et à la fin du pilote de la série, il va se retrouver en slip dans le désert, avec deux cadavres dans le camping car, et Jessee dans un état indéterminé.

Le pitch fait un peu penser à "Weeds" où une mère sans histoire de la classe moyenne s'improvise dealeuse d'herbe pour nourrir ses deux jeunes enfants suite à la mort de son mari. De plus, tout en jouant sur la corde de l'impolitiquement correct et en dénonçant l'hypocrisie du système américain, "Weeds" et "breaking bad" montrent tous deux à quel point il est difficile de survivre dans le milieu de la drogue hyper violent et où l'argent n'est jamais facile. La morale est donc sauve.

Reste que comme "Weeds" (toujours très en forme alors que la série vient de finir sa cinquième saison), "Breaking Bad" est un petit chef d'oeuvre. Tourné quasi sans lumière ajoutée, ce qui a pour effet d'accentuer les ombres et de donner un ton quasi documentaire aux images, la série est remarquable par la qualité d'écriture et encore une fois par l'interpréation (Bryan Cranston qui joue Walter est tout simplement incroyable). Contrairement à "Weeds", "Breaking bad" est un drame, glauque au possible, mais pourtant illuminé par des pointes d'humour noir et l'humanité de ses personnages, ce qui lui évite de tomber dans le sordide. Le résultat impressionne par sa justesse alors que la série marche constamment sur le fil du rasoir.

Bref, je ne saurais que vous recommander de vous plonger dans cette série lancée par AMC Networks en 2008. Deux saisons ont déjà été diffusées et une troisième saison devrait voir le jour en mars 2010.

Un petit mot sur le créateur de la série Vince Gilligan né en 1967. On ne l'attendait pas dans un tel registre puisque ces précédents travaux en tant que scénariste, réalisateur ou co-producteur l'ont amené à travailler sur le film "Hancock" avec Will Smith ou les séries de Chris Carter ("The X-Files" et "The Lone Gunmen"). Il a signé avec "Breaking bad" son chef d'oeuvre qui lui a déjà valu d'être nommé deux fois aux Emmy Awards.

lundi 5 octobre 2009

USA. TV. "Royal Pains". Quand les Américains ne se foulent pas



Les scénaristes et producteurs américains, ils sont comme tout le monde. Ils n'ont pas envie de passer leur temps à travailler comme des mulets pour des clopinettes. Alors parfois, ils jettent un coup d'oeil aux chiffres d'audience, et se disent "Tiens voici ce qui marche actuellement. Et si je faisais la même chose?". Mais bon ils veulent pas non plus se faire accuser de plagiat, alors ils vous sortent un concept de leur chapeau tellement accadabrantesque que ça fait bien rire.

La meilleure série du genre lancée l'année dernière était "Royal Pains". Ses deux créateurs (Andrew Lenchewski et John P. Rogers), deux brillants lauréats du prix Nobel de la fiction télé, se sont donc dit : "Voyons, il y a deux trucs qui marchent bien, ce sont les séries médicales et les séries bling bling. Pourquoi pas faire du médical bling bling (ou l'inverse)?". Bon, je trouve cette analyse un peu courte, on aurait pu mettre aussi un peu de policier. Mais c'est vrai que "Dr house", notre Sherlock Holmes de la médecine, a déjà pris la place.

Donc, va pour le bling bling et la médecine. Dans le premier épisode de la série, nous découvrons Hank Lawson, jeune brillant médecin des urgences, qui habite dans un très beau loft, conduit une très belle voiture décapotable, et va bientôt se marier avec une blonde. Le rêve, quoi. Mais un jour, débarquent aux urgences deux cas désespérés. Hank doit choisir qui traiter en priorité, et manque de bol, choisit le jeune pauvre au détriment du vieux riche. Ce dernier meurt, et Hank est viré. Il tente de faire passer sa dépression en sirotant de la bière devant la télé, mais évidemment au bout de quelques semaines de ce règime, la blonde (avec laquelle il devait se marier) le largue et les huissiers viennent saisir tous les meubles du joli loft de Hank.

Heureusement, Evan, le gentil frère de Hank, va prendre les choses en mains et obliger Hank à partir en week-end en voiture décapotable (tiens! les huissiers l'ont oubliée celle là) dans les Hamptons (la côte d'Azur des New Yorkais, mais en beaucoup plus riche hein!). Là notre Hank va se retrouver malgré lui médecin privé de tous les gros richards du coin, et il logera gratos dans une propriété privée luxueuse. Evan l'aide à monter sa société, ils recrutent une jolie jeune femme (qui a déjà un véhicule tout équipé, chouette!), et Hank trouvera même une nouvelle superbe jeune femme à aimer, la directrice de l'hôpital pour pauvres du coin!

C'est très, très con, mais nos deux prix Nobels de la fiction télé ont vu juste. Ça marche! Avec des pics à six millions de téléspectateurs, la série s'est vu offerte une seconde saison à la fin juillet par USA Network.

Évidemment, c'est loin d'être la seule série opportuniste lancée dernièrement. Tenez depuis quelques semaines on a droit à "The vampire diaries" (sur The CW), une bluette pour ados avec des vampires dedans! Ça vous rappelle rien?

Mention spéciale aussi pour "Lie to me", une série lancée en janvier 2009 sur Fox Network, et qui tente de reproduire le succès de Dr House avec cette fois-ci un expert du langage du corps et des expressions faciales dans le premier rôle. Comme le Dr House, c'est un expert qui déclare dès le premier épisode de la série que "tout le monde ment", il mène la vie dure à son équipe, et décrypte les tics de ses victimes avec autant de génie que le Dr House en met dans ses diagnostics. Et pour enfoncer le clou, nos amis les producteurs américains se sont dit qu'il fallait aller chercher un autre grand acteur anglais pour tenir le premier rôle ("puisque ça a marché pour Dr house, ça peut aussi marcher pour nous, non?") : le fabuleux Tim Roth qui avait probablement besoin d'un peu de cash.

UK. TV. "How not to live your life", portrait d'un branleur


"How not to live your life" est une sitcom écrite et interprétée par Dan Clark, et diffusée depuis 2008 sur BBC Three.

Dans cette série, Dan Clark joue le rôle de Don, un branleur névrosé de 29 ans qui vient d'hériter d'une maison après le décès de sa grand mère. Cette dernière l'appelait constamment "Tête de noeud" et ce surnom lui est resté. A voir Don vivre au quotidien il n'est guère étonnant de constater que tous ceux qui ont l'occasion de l'approcher sont du même avis.

Même si le notaire le traite de tête de noeud, et lui annonce qu'il va devoir payer des traites, Don est quand même heureux d'emménager dans une grande maison. Ok, la déco a l'âge de sa défunte grand mère, et Eddie, l'homme à tout faire de sa grand mère a décidé de rester s'occuper de Dan. Mais s'il y a une chose qu'on peut bien dire de Don c'est qu'il sait s'adapter à toute situation, surtout quand elle lui est favorable.

Eddie est son homme à tout faire, serviable et très naïf, et ils forment rapidement un vieux couple à tous les deux. Don se met à porter la vielle robe de chambre de sa grand mère, regarde la télé, joue de la guitare nu dans son salon, et ne sort que pour aller se bourrer et essayer (en vain) de draguer tout ce qui bouge. Rapidement il prend une belle colocataire, la superbe Abby, mais elle a un petit ami (l'insupportable fils à papa Karl) dont il va essayer de se débarrasser à tout prix. Avec le succès que vous immaginez.

La série est souvent très drôle. Dan Clark est vraiment très bien dans ce rôle d'anti-héros absolu, qui est tellement risible qu'il finit presque par attirer la sympathie. Bon, on voit énormément l'influence de l'inénarrable Rik Mayall, dont il reprend largement le jeu, les mimiques et la fascination pour les personnages vulgaires et antipathiques. Mais Don ne se suffit pas à lui-même, et la série bénéficie également d'un excellent casting : l'homme à tout faire Eddie (David Armand), les charmantes et superbes colocataires (Abby dans la saison 1 et Samantha dans la saison 2), la vielle voisine irascible...

Petite originalité de la série, les petites séquences du style "5 choses à ne pas faire au restaurant", "4 excuses à ne pas donner pour un retard" ou encore "4 mauvaises excuses pour se retrouver dans un placard". Idée que Dan Clark avait déjà exploitée dans deux petites comédies écrites avec Gary Reich pour Paramount Comedy 1 : "Dan Clark's guide to working" et "Dan Clark's guide to dating".



Bref, ce n'est pas la sitcom du siècle, mais elle vaut vraiment le coup d'oeil. Il ne serait pas étonnant que vous finissiez par rire plus souvent que vous ne l'auriez voulu ("non! je ne vais pas rire à ça! pas question! Je suis quelqu'un de distingué, moi, Monsieur!"). Mais il faut bien l'avouer, cette série est drôle.

mardi 15 septembre 2009

France. Distribution. "Lesbian vampire killers" victime du piratage?


"Lesbian vampire killers" (LVK) est une comédie anglaise qui parodie les films d'horreur. Un peu comme le célèbre "Shaun of the dead" sorti en 2005 (mais en moins bien quand même apparemment). LVK est également un clin d'oeil à la tradition des british sex films (des films érotico-n'importe quoi qui ont eu beaucoup de succès outre manche entre la fin des années 50 et le tout début des années 80).

Le film est sorti en mars dernier dans les salles anglaises et est disponible en DVD outre manche depuis plusieurs semaines. La sortie française était d'abord prévue le 17 juin, puis le 22 juillet et enfin le 23 septembre. Finalement "Lesbian vampire killers" sortira directement en DVD.

On ne sait pas pourquoi le distributeur français a finalement annulé la sortie du films dans les salles hexagonales, mais j'avoue que depuis quelque temps je pensais faire un post sur ce blog genre "chronique d'un échec annoncé". Aujourd'hui sortir un film avec plusieurs mois de retard est suicidaire. Le film est d'ailleurs disponible sur les plate-formes de téléchargement en très bonne qualité avec des sous titres français depuis début juillet! Et comme on sait que ce genre de film va surtout attirer les jeunes et les geeks (les fanas d'informatique), ceux qui justement téléchargent le plus, le distributeur allait au casse pipe.

C'est mathématique. Dès qu'un film est sorti il y a plus de trois mois chez nos amis anglo-saxons vous verrez débarquer sans trop tarder une version avec des sous titres (voir avec une bande sonore en français si le film est sorti au Québec). Personnellement, ça m'horripile. Ce genre de piratage qui se pratique sur des films même pas sortis en France, et souvent avec des sous titres amateurs, fait du tort aux films et à la distribution française de films un peu fragiles (hors blockbusters qui de toute façon sortiront quand même mais auront peut être une réputation moyenne à cause d'une version médiocre qui circule sur le net).

Comme vous le savez, je ne suis pas un défendeur d'Hadopi (qui de toute façon ne marchera jamais et va coûter des millions à mettre en place), mais je trouve ça vraiment très ennuyeux pour le cinéma en général. La seule parade serait bien entendu une sortie mondiale quasi simultanée comme cela se fait déjà pour la plupart des blockbusters, mais qui est sûrement plus difficile à mettre en place pour les petits films.

En tout cas je suis convaincu que la distribution cinéma va devoir se réinventer. Ce qu'elle a déjà commencé à faire. La preuve cet article paru sur commeaucinema.com "Pendant que les députés votaient la loi Hadopi contre le téléchargement, les distributeurs organisaient leur calendrier en prévoyant les sorties de l’été. Ces derniers voulaient contrer le piratage en ajustant les sorties dans tous les pays. Ils expliquent d’ailleurs le succès de l’été par l’absence de décalage entre les sorties US et France, ainsi qu’une offre de qualité répartie sur les deux mois. Et on peut dire que ça a marché, avec pas moins de 20 millions d’entrées et une progression de 50% de la fréquentation des salles en juillet- août !"

jeudi 13 août 2009

Radio. France Culture fait un tour du monde des séries


Après les séries américaines en 24 épisodes l'année dernière, Benoît Lagane et Eric Vérat se sont consacré cette fois-ci à un tour de monde des séries télé.

"Si l’année passée nous nous sommes volontairement limités aux Etats-Unis, nous souhaitons, cet été, porter notre regard, sur les fictions télévisuelles dans une acception élargie du terme (téléfilms unitaires, feuilletons ou miniséries). Dans notre première semaine, nous resterons sur le continent américain, il sera question une dernière fois des Etats-Unis avant de partir pour un voyage à travers les séries télévisées latino-américaine d’Argentine, du Brésil et du Mexique mais aussi du Canada. Nous traverserons, ensuite, l’Atlantique pour vous raconter pendant trois semaines l’histoire et la fabrique des fictions télévisuelles européennes avec un nombre important d’épisodes consacrés aux séries et téléfilms français et britanniques."

Bon pour tout vous dire, j'espère que vous êtes déjà au courant parce que l'émission, diffusé tous les jours de la semaine à 19h, a commencé le 28 juillet. Si vous n'avez pas encore jeté un coup d'oreille à cette émission bien conçue, foncez sur le podcast de France Culture pour voir si vous pouvez encore récupérer les premiers épisodes.

A noter que je figure parmi les intervenants de cette nouvelle saison. J'interviens dans trois épisodes consacrés aux séries britanniques (les 19, 25 et 26 août).

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mardi 28 juillet 2009

USA. TV. "Dollhouse", au secours les poupées sont vivantes!


"Dollhouse" c'est bien entendu la nouvelle série télé évènement de Joss Wedhon, le papa de "Buffy contre les vampires". La première saison a été diffusée sur la FOX de févier à mai (12 épisodes au total), et reviendra à l'écran en septembre prochain. En France, c'est Téva qui diffusera la première saison à la rentrée.

"Dollhouse" (maison de poupées) est le nom d'un complexe sous terrain top secret situé à Los Angeles où l'on stocke et programme des agents (baptisés des actifs) au gré de leur mission. Quand ils ne sont pas assignés à une mission, ce sont des coquilles vides, de simples poupées sans personnalité. Quand ils partent en mission, on leur charge une mémoire, des aptitudes, un personnalité qui feront d'eux des as de la cambriole, des neuro-chirurigiens, des mannequins professionnels,... Les clients? Des riches en mal d'émotions fortes (certaines missions sont ni plus ni moins que de l'escort), des militaires, des agences gouvernementales,... La corporation qui gère la dollhouse vend ses services au plus offrants.

Parmi ces poupées, nous suivons particulièrement Echo, activiste étudiante dans son ancienne vie et qui loue son corps à Dollhouse pour cinq ans pour une raison inconnue (on l'entend juste dire qu'elle n'a pas vraiment le choix). Malgré les formatages successifs de son cerveau, Echo a parfois des éclairs de souvenirs qui lui reviennent et semble même prendre conscience de la réalité de ce qui l'entoure. Parmi les personnages récurrents qui tournent autour d'Echo : la directrice de la dollhouse (Adelle DeWitt), son "garde du corps" (Boyd Langton), le jeune informaticien génial et amoral Topher, les deux poupées Victor et Sierra qui partent souvent en mission avec elle, ou l'agent fédéral Paul Ballard qui essaie de prouver l'existence de la dollhouse montrée comme un mythe urbain auquel personne ne croit vraiment. Et évidemment il y a le méchant ultime de service, ici Alpha, un actif échappé de la dollhouse après y avoir commis un massacre. Il a été doté de 48 personnalités suite à un accident de formatage, et est devenu en conséquence super doué, super intelligent mais aussi super schizophrène.

"Dollhouse" a commencé très classiquement comme une série d'action paranoïaque à la "Alias". Beaucoup de flashbacks, de dialogues mystérieux qui tentent de donner de l'épaisseur à la série, mais "dollhouse" peine à trouver ses marques. Ainsi au début, nous avons droit surtout à des épisodes (très banals) d'action pure où nous suivons Echo en mission avec quelques passages où l'on nous montre l'intérieur de la dollhouse (et où l'on nous fournit des explications généralement assez confuses sur son fonctionnement). De plus, l'originalité principale de la série est aussi son point faible : il est difficile de s'attacher à une héroïne qui change constamment de personnalité!

Les derniers épisodes de la première saison trouvent un équilibre plus juste. On y passe plus de temps au sein de la dollhouse à observer son fonctionnement. La nouvelle série de Joss Wedhon a un concept très ambitieux, et traite d'un sujet aussi délicat que passionnant : jusqu'où serait on capable d'aller si on pouvait programmer des êtres humains tels des ordinateurs, et de stocker des individus sur des disques durs? On pourrait créer une armée en un claquement de doigt. Encore mieux, nous explique la série, on pourrait enfin atteindre l'immortalité et même avoir le don d'ubiquité en se faisant transférer dans un autre corps voir plusieurs en même temps. "Dollhouse" s'intéresse beaucoup aux problèmes moraux que créerait une telle technologie.

Tout ceci est bien joli mais "Dollhouse" souffre justement de son ambition et de sa prétention. C'est d'abord une série américaine à gros budget et à ce titre elle doit fidéliser des millions de téléspectateurs. D'où ces errements et ces maladresses continuelles alors que la série tente de trouver un juste équilibre. Ce serait pardonnable si "Dollhouse" ne se prenait pas autant au sérieux. Le manque total d'humour est vraiment à mon avis l'une des plaies de la SF américaine.

A noter que le 13 ème épisode, non diffusé sur les ondes et disponible seulement dans le coffret DVD, nous propulse dans un 2019 apocalyptique où les humains non modifiés doivent luter pour leur survie. La technologie des Dollhouse serait responsable de la fin du monde mais là encore on ne comprend pas tout.

"Dollhouse" qui n'a pas enregistré des scores d'audience faramineux (en passant même deux fois au-dessous de la barre des trois millions de téléspectateurs) a été finalement reconduit de justesse en mai dernier pour une deuxième saison avec un budget revu à la baisse. Il n'est pas sûr que cette pression accrue (Joss Wedhon a exprimé le souhait de conclure la série en cinq saisons) soit positive pour la série. Trop ambitieuse dans son concept, "Dollhouse" va sûrement devoir revoir ses prétentions à la baisse si elle veut perdurer. Au risque de devenir une simple série d'action sur fonds de SF.

dimanche 26 juillet 2009

VU. Au cinéma actuellement!

- "Bronson" (GB, de Nicolas Winding Refn) sur le prisonnier le plus célèbre et violent d'Angleterre. La mise en scène est assez originale, l'acteur pas mauvais, mais l'ensemble est un peut décevant car manquant de rythme et nombriliste (tant au niveau de la réalisation que du jeu d'acteur).

- "The Reader" (All-USA, de Stephen Daldry), un mélo sophistiqué un peu longuet mais audacieux : peut on aimer ou avoir de la compassion pour une gardienne d'Auschwitz? Très belle composition de Kate Winslet.

- "Victoria, les jeunes années d'une reine" (GB-USA, de Jean-Marc Vallée). Très joli mélo en costumes non dépourvu de subtilités. Avec un joli couple attendrissant. A éviter cependant si vous êtes allergique aux violons.

- "Public Ennemies" (USA, de Michael Mann). Réalisation somptueuse et tout en gros plan de Mann. Johnny Depp est magistral. Mais le film est froid, Christian Bale et Marion Cottilard sont absents. Bref les personnages sont creux et du coup on reste un peu à la porte du film.

- "The Girlfriend Experience" (USA, de Steven Soderbergh). Un film arty et expérimental pas facile d'accès mais intéressant sur les call girls. Avec Sasha Grey, une jolie star du X américain (pas refaite par la chirurgie esthétique), qui montre ici un certain talent d'actrice (mais ce n'est pas non plus un rôle de composition!).

- "Whatever works" (USA, de Woody Allen) est hilarant. Larry David (le cynique) et Evan Rachel Wood (la blonde) sont parfaits. A noter que Larry David (notamment co-créateur de "Seinfeld") reprend ici un personnage très proche de celui qu'il tient dans son excellente série, le mockumentary "Curb your enthusiasm" (HBO)

samedi 18 juillet 2009

UK. TV. "Torchwood", noir c'est noir...


Je vous ai déjà parlé ici de "Torchwood", la série dérivée de Doctor Who créée par Russel T Davies qui est l'instigateur principal du retour triomphal du vieux docteur sur nos écrans depuis 2005. Et le moins qu'on puisse dire c'est que je ne pense pas beaucoup de bien de cette série opportuniste et plan plan, qui à part pour quelques épisodes notables, souffre vraiment de la comparaison avec "Doctor Who" : scénarios bâclés, personnages sans grand relief,... De la SF de grande consommation dont le seul élément réel d'originalité était le personnage de Jack Harkness, playboy immortel dont la bisexualité était clairement affichée.

Mais voilà que la saison trois de "Torchwood" est un vrai choc! Alors que Russel T Davies s'apprête à laisser les reines de Doctor Who au brillant Steven Moffat, et que cette année la série est en pause (nous n'avons droit qu'à une poignée d'épisodes parsemés jusqu'en 2010), il nous livre un véritable choc avec cette troisième saison de "Torchwood" réduite à cinq épisodes exceptionnellement diffusés quotidiennement en prime time sur BBC 1 (au lieu de BBC 2) entre le 6 et 10 juillet.

L'histoire? Difficile de la résumer sans vous dévoiler des éléments essentiels de l'intrigue. En 1965, des orphelins sont attirés en pleine campagne par une lumière et disparaissent. En 2009, les enfants du monde entier se transforment en haut parleur pour transmettre les messages de mystérieux extra terrestres qui annoncent leur arrivée prochaine. Il est aussi rapidement clair que le gouvernement tente de supprimer Torchwood. Ces trois évènements sont-ils liés? Comment? Que veulent les extra terrestres? Pourquoi veut-on éliminer Torchwood?

La saison 3 de "Torchwood" sous titrée "Children of earth" est ultra sombre, provocante, choquante. Bref, si on est à mille lieux du "Torchwood" habituel, on retrouve la veine sombre de la SF anglaise incarnée par "Quatermass" (la première grande série de SF de la télé anglaise - en 1953 - qui a largement inspiré la création de "Doctor Who" dix ans plus tard). Si "Children of earth" est totalement dépourvu d'humour, on y trouve une ironie mordante, méchante. Rien ne vous sera épargné jusqu'au dénouement final. Russel T Davies prend un malin plaisir à casser son jouet en mille morceaux pour être sûr que personne n'osera y toucher après son départ. Une saison 4 de "Torchwood" semble en effet assez improbable.

En fait, ceux qui connaissent la carrière de Russel T Davies ne seront peut être pas étonnés par le ton de "Children of earth". Même si à priori, cette dernière saison semble à mille lieux de ses scénarios habituels qu'il a écrits pour "Doctor Who" et "Torchwood". Scénarios qu'on pouvait accuser d'être un peu trop légers, plus proches de "Buffy contre les vampires" (dont il est fan) que de "Quatermass" (dont il est également fan). Mais ce serait méconnaitre Davies qui est également l'auteur du sombre et provocant "The Second Coming", un téléfilm de SF en deux parties qui imagine le retour du Christ sur Terre... pour le pire.

Attention quand même. "Children of earth" n'est pas "The second coming" et on a droit à notre lot de facilités scénaristiques et de moments d'émotion un peu poussés. Mais "Children of earth" n'en demeure pas moins un excellent moment de SF sombre et une belle révérence pour Russel T Davies, ce grand monsieur de la télé anglaise.
 
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