samedi 20 juin 2009

UK. TV. Et oui, les vieux aussi sont de sacrès polissons!


Aujourd'hui nous allons déterrer une charmante petite sitcom tombée dans les oubliettes du paysage audiovisuel anglais.

"For the love of Ada" est une série du début des années 70 qui a sévi sur ITV de 1970 à 1971 et a même connu une adaptation cinématographique l'année suivante, ainsi qu'une tentative de remake américain (double phénomène très courant pour les séries anglaises à succès).

Mais de quoi parle donc cette série? Vous ne serez pas surpris de savoir que cette sitcom est centrée sur un personnage du nom d'Ada. Cette dernière est une vieille dame anglaise mais jeune veuve. Alors qu'elle va régulièrement sur la tombe de son mari, Sam, elle commence à se lier d'amitié avec Walter, fossoyeur de son état et également veuf.

Ada a beau n'être plus très jeune, elle est pleine de vitalité. Et avec le fringuant Walter, ça marche comme sur des roulettes. Mais ce n'est pas pour plaire à sa fille, installée dans la maison familiale avec son mari et qui se méfie de ce Walter dont on ne sait pas grand chose.

Il est fort probable que même au début des années 70 cette série avait déjà un côté délicieusement vieillot. La musique n'est pas sans rappeler celle de "Bonne nuit les petits" à la télévision française, le cimetière (l'un des rares extérieurs bien que reconstitué en studio) fait penser aux pires productions Z fauchées des années 50. En fait, même pour l'époque, "For the love of ada" n'était pas vraiment à la pointe de l'innovation.

Reste que notre couple de septuagénaires est vraiment formidable. Irène Handl (Ada) et Wilfred Pickles (Walter) portent cette série à bout de bras et en font aujourd'hui encore un excellent moment de divertissement. Grâce à eux, leurs personnages, naïfs et désuets, sont très attachants. Et il est difficile de ne pas rire aux énormités lâchées régulièrement en toute innocence par Ada qui a de plus une fâcheuse tendance à inverser les mots (avec même l'audacieux "You can keep your cock on" au lieu de "You can keep you coat on").

Même si "For the love of Ada" est loin d'être la seule sitcom anglaise sur le thème de la vieillesse ("One foot in the grave",...), l'amour au troisième âge reste un thème assez peu traité. Rien que pour ça et ses deux acteurs principaux, elle mérite le coup d'oeil. Notons également que la série n'a quand même pas été écrit avec un manche à balais et profite du professionnalisme indiscutable de ses deux créateurs : Vince Powell et Harry Driver.

Pour l'instant, la série n'est pas disponible en DVD. On peut juste trouver l'adaptation cinématographique, pourtant nettement moins bien. Espérons qu'un coffret avec l'intégrale des 28 épisodes de la série est en cours.

mercredi 20 mai 2009

UK. TV. "The Inbetweeners". Les ados côté fun trash


Dans "The Inbetweeners" (ceux qui sont entre deux), nous suivons quatre ados qui grandissent dans une banlieue relativement tranquille entre les excès d'alcool, l'absence de sexe, les virées en voiture (jaune), et les rigolades entre copains. Suite au divorce des parents, Will débarque dans une école publique après avoir passé sa scolarité dans une école privée où il a développé un petit accent snob qui lui vaut d'être instantanément rejeté dans sa nouvelle école. Après beaucoup d'efforts, il arrive quand même à se rapprocher de trois amis Simon, Jay et Neil qui lui semblaient suffisamment cools. Manque de pot. Ce sont surtout de gros loosers. Simon est obsédé par la plus jolie fille de l'école et n'a cesse de se ridiculiser devant elle, Jay passe son temps à se vanter d'exploits sexuels irréalistes et Neil est un gentil garçon pas très fûté dont le père n'est pas du tout gay.

Une série comme "Skins' a fait fureur en proposant des portraits de jeunes filmés sans fausse pudeur et au plus prêt des ados comme ils sont et non comme les adultes veulent les voir. Comment s'étonner à première vue que "The inbetweeners" soit né sur la même chaîne, E4, la petite soeur de Channel 4?

Les deux séries essaient en effet capter l'adolescence au plus prêt. Mais pour autant "the Inbetweeners" c'est pas vraiment "Skin" côté rigolade.

Là où "Skins" prend un ton dramatique et pessimiste, "The Inbetweeners" s'enfonce dans la comédie et est nettement plus bon enfant même si le sexe (souvent fantasmé) et les gros mots sont omniprésents. On y parle d'jeune (comme dans Skins) mais ce n'est pas tout à fait les mêmes jeunes. Ici pas de drogue ou de problèmes existentiels insurmontables. La série dresse un portrait déjanté d'une bande de copains de première qui ne pensent qu'au sexe, à l'alcool et à survivre dans la jungle scolaire... et dont toutes les tentatives pour accéder à l'amour au sexe et à l'alcool à gogo se soldent par des échecs retentissants et pathétiques.

Alors bien évidemment c'est trash, mais on est assez loin d'American Pie. Ne serait ce parce que les personnages sont ici plus attachants et l'univers plus réaliste. Et en sitcom pour ado, le ton est très nouveau. On est à des années lumières d' "Hélène et les garçons" et "Sauvés par le gong".

Les critiques anglais ont d'ailleurs salué ce ton réaliste, la série a reçu plusieurs récompenses, et le public (surtout celui des 15-35 ans) a adoré. Si la série avait commencé en mai 2008 avec 0,20 millions de fans, elle est montée jusqu'à 1,20 millions il y a quelques semaines lors de la diffusion de la deuxième saison. Et les DVDs se vendent comme des petits pains.

La série a été écrite par deux jeunes auteurs, Damon Beesley et Iain Morris qui se sont fait remarqués en écrivant quelques épisodes du très british "The Flight Of Conchords" (série de HBO qui suit les aventures d'un duo de musiciens néo-zélandais). Ils devraient bientôt s'attaquer à la troisième saison de "The Inbetweeners" mais il est probable qu'on risque d'entendre parler d'eux à nouveau sur d'autres projets ces prochaines années.

mercredi 13 mai 2009

Loi Hadopi. "Oui, je suis un pirate".


Voici un petit témoignage qui me semble intéressant. A vous de me dire ce que vous en pensez?

"J'ai bientôt la quarantaine et j'ai l'adsl depuis la fin des années 90. Je suis un fan de multimédia (j'ai deux ordinateurs, un lecteur mp3, un réflex numérique,...) tous pas très récents - entre deux et sept ans - et achetés d'occasion - je n'ai pas beaucoup de moyens, pas mal de dettes, et deux enfants à charge. Et je suis également un drogué de culture. Depuis le début de l'Internet haut débit je télécharge régulièrement des produits sous copyright. Parallèlement, je continue à consacrer en moyenne un dixième de mes revenus à l'achat de produits culturels (dvd, livres, cd ou encore places de cinéma).


mercredi 6 mai 2009

UK. TV. "Peep show", la vie vue par deux loosers


"Peep show" a été créé en 2003 sur Channel 4 par le duo de comiques Robert Webb et David Mitchell. Les deux énergumènes ont fait leurs classes aux Footlights, le club de comédie de Cambridge, comme de nombreux comiques anglais (de John "Monty Python" Cleese à Hugh "doctor house" Laurie). On imagine pire débuts.

Ils vont débarquer à la télé en 2001 avec une série à sketch, genre très prisé outre manche, intitulée sobrement "The Mitchell and Webb Situation" et diffusée sur Play Uk. Ils se font raisonnablement remarqué, mais c'est avec "Peep show" deux ans plus tard qu'ils vont entrer dans la légende de la comédie anglaise.

Mark et Jeremy sont des co-locataires qui frisent la trentaine. Amis depuis l'enfance, ils ont beaucoup de mal à faire leur entrée dans la vie d'adulte. Mark (David Mitchell) est gestionnaire de prêts et mène une vie professionnelle tout à fait confortable. Pourtant il ne sent pas à l'aise dans son environnement professionnel et social (il a même peur des mioches au bas de son immeuble) ni dans ses relations avec les femmes, ce qui le conduit à un profond pessimisme. Jeremy (Robert Webb) est lui bien d'une nature bien plus optimiste, se prend pour un tombeur et un artiste incompris, mais c'est un musicien raté qui accumule les liaisons sentimentales foirées et qui en conséquence sous loue une chambre à son ami (en payant quand il peut c'est à dire pas souvent).

Dès le premier épisode, la symbiose entre les deux acteurs est évidente. David et Robert sont tous les deux parfais dans leurs rôles respectifs. Mais la série a également frappé les esprits par son innovation formelle, fait assez rare dans le sitcom. En effet, quasiment toute la série est filmée du point de vue de l'un des deux acteurs (grâce à une caméra fixée sur leur front) et plus rarement du point de vue d'une tierce personne ou d'une caméra extérieure aux personnages (pour les flashbacks, scènes oniriques). La série fait également un usage important au voice over pour faire partager les sentiments et pensées des deux personnages principaux.

Même si les particularités de la série en matière de ton et de forme l'ont toujours empêché d'atteindre le grand public (la série plafonne depuis ses début à 1,5 millions de téléspectateurs), l'humour des situations, l'excellence des dialogues et du jeu des acteurs ont rapidement permis à la série d'atteindre le nirvana des séries cultes (en 2004 elle a obtenu la Rose d'Or de la meilleure sitcom européenne).

A noter que les Américains ont tenté un remake, mais sans les caméras en point de vue, enlevant une partie de son originalité à la série. Le remake US n'a pas dépassé le stade du pilote.

EN 2007, le duo et les créateurs de la série (Jesse Armstrong et Sam Bain) se sont lancés dans le cinéma, comme c'est souvent le cas quand une série rencontre du succès outre manche, mais avec un projet différent baptisé "The Magician" plus grand public. Sans grande surprise, la qualité est largement en retrait.

Reste que notre fine équipe n'en a pas fini avec "Peep show". Aujourd'hui cinq saisons ont déjà été diffusées, la sixième démarre cet été, et une septième est déjà prévue.

PS : les cinq premières saisons sont disponibles en coffret avec des sous titres anglais aux alentours de 20 euros sur play.com

lundi 20 avril 2009

TV. Europe. Faut-il vraiment copier les séries américaines?


Depuis ce début de millénaire et le triomphe à l'audimat de nombreuses séries américaines sur les écrans européens, les chaînes de toute l'Europe font leur possible pour tenter de reproduire désespérément les recettes de fabrication des Américains. Et pour l'instant il faut bien avouer que le résultat est invariablement très mauvais. Les copies européennes sont à leurs modèles américains ce que les colas de grande distribution sont au Coca-Cola : elles en ont plus ou moins la couleur, mais absolument pas le goût.


vendredi 3 avril 2009

TV.UK. "The likely lads", des mecs vraiment inoubliables...


"The likely lads" est une série apparue pour la première fois sur les écrans britanniques en décembre 1964. On y suit les aventures ordinaires de deux jeunes hommes, des amis d'enfance dans leur vingtaine, vivant dans une ville industrielle du nord de l'Angleterre. Terry (James Bolan) est un grand blond, sûr de lui, prêt aux plans les plus fantasques pour draguer tout ce qui bouge et boire gratis. Son ami Bob (Rodney Bewes) est introverti, plus conventionnel mais aussi plus ambitieux.

Retrouvez la suite de la critique sur le site cinemaderien.fr

L'intégrale Likely Lads est disponible en coffret chez BBC vidéo (avec des sous titres anglais).

jeudi 26 février 2009

UK. TV. GBH, modèle d'excellence à l'anglaise



"GBH" est une mini série (7x1h30) anglaise diffusée par Channel 4 en 1991. C'est un pur produit de la télé anglaise. Entendez là qu'on y trouve tout ce qui fait l'excellence de et la particularité de la télé made in UK.

Vous retrouverez désormais cette chronique sur le site Cinemaderien.fr consacré aux fictions britanniques (cinéma et télévision)

jeudi 19 février 2009

USA. TV. "Damages" déjà au bout du rouleau?



C'est l'une des maladies congénitales des séries américaines. Elles ne savent pas s'arrêter à temps. Dans un univers télévisuel américain où seul l'audimat décide de la survie ou non d'une série (qui peut très bien s'arrêter en cours de saison en cas de mauvais chiffres), la longévité de certaines s'explique surtout par la volonté d'exploiter jusqu'au bout les recettes gagnantes. Du coup la saison de trop est toujours à craindre. Et tout le monde peut s'amuser à analyser quand telle série s'en est allée en eau de boudin. Certaines ont même très vite dégénérées à commencer par "Heroes" (au bout d'une seule saison), "Prison Break" (au bout de deux saisons),... (Très) rares sont les séries à succès à ne pas avoir souffert de ce maux si courant outre atlantique : "Six Feet Under", "Sopranos", "Friends",...


"Damages" c'était l'une des révélations de la télé américaine de 2007. Un thriller classe, à l'image et au suspens léchés, avec en tête de distribution une star américaine de premier ordre Glenn Close. Que demander de plus? Et il est vrai que la première saison de "Damages" était très plaisante. On y suivait avec beaucoup d'intérêt les mésaventures d'Ellen Parsons (Rose Byrne), jeune et brillante diplômée en droit qui va faire ses classes chez la plus brillante des avocates new yorkaises Patty Hewes (Glenn Close). Tout de suite, Ellen va être propulsée en première ligne sur une affaire de plusieurs millions de dollars concernant un milliardaire Arthur Frobisher qui aurait ruiné ses salariés. Le rêve pour une jeune femme ambitieuse? On sait dès le début que quelque chose n'a pas tourné rond. A coup de flashbacks inversés, on apprend que quelques mois plus tard le petit ami d'Ellen est sauvagement assassiné dans son appartement. Qui est le coupable? L'inquiétante Patty Hewes, le sans scrupule Arthur Frobisher ou Ellen elle-même qui semble avoir complètement pêté les plombs?

La première saison de "Damages" avait donc réussi son pari en bonne partie grâce à l'interprétation magistrale de Glenn Close qui crevait le petit écran. Restait à savoir si la deuxième saison allait confirmer cet essai... et après six épisodes de la saison deux, la réponse tend aujourd'hui franchement vers la négative.

Glenn Close est toujours là et on a même ajouté un autre acteur américain d'envergure pour l'épauler : William Hurt qui joue ici un ex de Patty Hewes, un homme dévasté dont la femme vient d'être assassinée et qui se retrouve impliqué dans une catastrophe environnementale (les deux évènements étant liés).

Le problème ici est que le scénario est confus et qu'on arrive pas vraiment à se prendre d'intérêt pour les malheurs du personnage incarné par William Hurt, pas charismatique pour un sou. Le personnage d'Ellen est toujours présent, elle a ré-intégré le cabinet de Patty Hewes avec la ferme intention de la piéger (elle joue les taupes pour le FBI), mais on se lasse des ses atermoiements et de ceux du FBI qui font un pas en avant puis un pas en arrière. Par le biais de séquences se déroulant quelques mois plus tard, on voit Ellen tenir en joue quelqu'un. Qui? Là est toute la question. Mais nous passionne-t-elle? Les séquences du futur qui nous ont marqués dans la première saison sont ici mal utilisées, irrégulières et paraissent souvent inutiles.

Bref, on voit pas trop où nous mène cette histoire, et le fil conducteur de la série a du jeu. Reste à savoir si les scénaristes arriveront à redresser la barre. Il serait dommage de voir "Damages" s'épuiser dès la seconde saison.