mardi 21 février 2012

Le "Portrait d'une enfant déchue" sort en DVD/Bluray


Voici une sortie en DVD/blu-ray à ne pas manquer. Les éditions Carlotta viennent en effet de sortir "Portrait d'une enfant déchue" (PUZZLE OF A DOWNFALL CHILD), un film américain de 1970 signé Jerry SCHATZBERG.

Le film met en scène une superbe Faye Dunnaway qui à mon humble avis a rarement été aussi bien filmé, dans le rôle d'un mannequin qui connait gloire et déchéance. Schatzberg dresse un superbe portrait de femme fragile, s'appuyant sur la vie tourmentée du top model Ann Saint Marie et ses souvenirs personnels de photographe de mode.

Schatzberg signait ici son premier film. Mais il confirmera son talent à travers deux autres classiques tournés à la suite : "Panique à Needle Park" (1971) et "L'épouvantail" (1973). Si le reste de sa carrière ne retrouvera pas la brillance de ses trois premiers films, on ne peut décemment passé à côté de ce cinéaste.

A noter que le DVD comprend une interview exclusive du réalisateur (50 mn) et d'un témoignage du cinéphile Pierre Rissient (15 mn).

http://www.carlottavod.com/film-637-portrait-dune-enfant-dechue.html


samedi 28 janvier 2012

TV. US. Terra Nova, de la TV écolo-recyclée-concon



"Terra Nova" c'est la nouvelle série blockbuster co-produite par Steven Spielberg, apparemment la série la plus chère jamais produite (chaque épisode coûte la modique somme de 4 millions de dollars). La diffusion de la première saison s'est achevée sur la Fox en décembre dernier et a débuté sur Canal Plus le 19 Janvier.


lundi 10 octobre 2011

UK. Nouveau site consacré au cinéma britannique


J'ai lancé il y a quelques jours officiellement mon site consacré entièrement aux fictions britanniques Cinemaderien.fr. Le nom du site est un clin d'oeil à la citation de Godard selon qui "les Anglais ont fait ce qu'ils font toujours dans le cinéma : rien".

Le site est consacré au cinéma britannique, mais puisqu'on ne peut parler de cinéma en Angleterre sans parler de fictions télé, j'y parle aussi de téléfilms et de séries.

Le site comprend déjà près de 100 critiques de films, des portraits, une rubrique actualité,...

mercredi 29 juin 2011

TV. UK. Marchlands, de l'horreur grand public mais bien ficelée



"Marchlands" suit trois familles, propriétaires de la même maison à trois périodes différentes : en 1968, 1987 et 2010. Ruth et Paul Bowen y ont perdu leur fille de 8 ans en 1968, morte noyée dans un lac à proximité de la maison. La jeune mère est convaincue que sa mort n'est pas naturelle, mais personne ne la croit. En 1987,  la famille Maynard doit faire face à l'imagination de la petite Amy qui prétend avoir une amie invisible. En 2010, un jeune couple qui attend un enfant s'installe dans la maison, mais des phénomènes étranges ne tardent pas à se produire.

La construction originale (les trois histoires s'entrecroisent) aurait pu s'avérer lourdingue mais en fait elle est parfaitement maîtrisée par le réalisateur James Kent et le scénariste Stephen Greenhorn.

Le suspense est bien maîtrisé, les trois familles sont attachantes et bien interprétées par un casting talentueux, et la durée de la mini-séries (cinq épisodes de 60 mn) parfaite pour ce genre d'exercices. Quelques points négatifs cependant :  la série n'échappe pas aux effets horrifiques faciles, propose finalement une histoire très classique et ne ménage pas de moments haletants même si elle sait maintenir l'intérêt. Le récit est conduit tranquillement à sa conclusion et ne vous réservera pas de grosse surprise. On reste également dans du fantastique/horreur léger et familial.

"Marchlands" a été diffusé sur ITV1 (l'équivalent de TF1) en février 2011. Elle a rencontré un joli succès, légitime, et a été vue par environ 7 millions de téléspectateurs (la série a enregistré une bonne stabilité avec un pic pour le premier épisode à 7,36). notons que l'idée est basée sur une série américaine "The Oaks" diffusée en 2008 sur Fox et qui n'a pas dépassé le stade du pilote. Fait rare donc, les Anglais ont su reprendre un concept intéressant qui n'a pas fonctionné chez les Américains pour en faire une mini-série tout à fait recommandable.

La série est disponible en DVD en version UK (avec des sous titres anglais) :


jeudi 16 juin 2011

TV. France. "De l'encre", ça rappe ou ça casse?


"De l'encre" est un téléfilm produit par Canal Plus dans le cadre de la Nouvelle trilogie, un espace ouvert aux jeunes créateurs qui font leurs premiers pas dans la fiction TV. Ici, c'est le groupe de rap La Rumeur qui s'y colle avec ses leaders Hamé et Ekoué qui ont coécrit et coréalisé ce téléfilm sur le milieu du rap français.


lundi 7 février 2011

France. TV. "Clara, une passion française" pas passionnante


Bon, vous me direz que je cherche vraiment le bâton pour me faire battre. Regarder un téléfilm lourdement intitulé "Clara, une passion française", diffusé sur France 2, consacré à la figure maternelle fondatrice de la famille Servan-Schreiber (1855-1941) et produit par sa petite fille, faut pas s'attendre non plus à un modèle d'objectivité et de subtilité.

C'est dommage car un téléfilm (2x90 mn) sur les origines de cette famille mythique aurait pu donner lieu à une reconstitution historique intéressante et à une saga familiale palpitante. Mais non. Nous avons ici une reconstitution historique lourdaude et une petite histoire dans la grande histoire, qui malgré la richesse des personnages et des événements qui secouent l'époque, réussit la prouesse d'être ennuyeuse.

Du coup, on en vient à ne surtout pas regretter que les producteurs aient décidé de s'arrêter à la mort de Clara en 1941. Tant pis pour les Jean-Louis et Jean-Jacques, ils attendront quelques décennies un téléfilm digne d'eux, et qui ne soit pas donc une simple hagiographie. Un album de famille de 2x90mn, il y a pas à dire, ça laisse perplexe.

jeudi 3 février 2011

France. TV. "A la recherche du temps perdu". Le massacre continue.


Mardi 2 et mercredi 3 février, les téléspectateurs français ont pu découvrir "A la recherche du temps perdu", basé sur l’oeuvre de Marcel Proust, et, son histoire personnelle, sur France 2. La chaine, sûrement guidée par une forte volonté de dégoûter les français de toute velléité de lecture, n'a pas hésité à massacrer l'auteur, avec un téléfilm laid, ennuyeux à mourir, mal réalisé et interprété avec les pieds.

"A la recherche du temps perdu" est donc l'un de ces cataclysmes télévisuels que sait nous mitonner la télévision française et où il n'y a strictement rien à sauver. La voix off, ânonnante, du narrateur, est le cas d'école de ce qu'il ne faut pas faire. L'acteur principal, Micha Lescot, a l'air de s'ennuyer ferme et nous livre un Proust tête à claque, sans aucune présence. Je ne sais pas pourquoi M. Lescot hait autant Proust, mais ce dernier a dû lui faire une sacrée crasse.

Nina Companeez mérite en tout cas toutes les éloges. Rarement ai-je vu une réalisation disparaitre autant derrière son sujet. Elle aurait pu filmer M. Lescot lisant de larges extraits de l'oeuvre de Proust, en plan fixe, cela aurait été tout aussi passionnant.

En fait, cette adaptation littéraire (pourtant assez libre d'après ce que j'ai cru comprendre) donne envie d'envoyer à toute l'équipe du film, et à la chaine, les deux coffrets "Jane Austen" récemment sortis aux éditions Koba Films. Ces coffrets reprennent des téléfilms de la BBC et de ITV. Tous réussissent là où "A la recherche du temps perdu" se plante lamentablement. J'ajouterai dans le colis le génialissime "Talking Heads" d'Alan Bennett, qui prouve qu'on peut faire également de la fiction télé de grande qualité avec des monologues filmés en plan fixe, juste en s'appuyant sur une écriture et une interprétation hors norme. Mais bon, encore faut-il réunir ces deux dernières conditions!

Preuve qu'il y a une justice dans ce bas monde, le téléfilm a fait un flop. D'après toutelatele.com, mardi 1er février, 3.2 millions de curieux, soit 12.6% des téléspectateurs, se sont intéressé à la jeunesse de l’écrivain. Le lendemain 600.000 spectateurs avaient laissé tomber. Seulement? aurait-on tendance à dire.

dimanche 23 janvier 2011

TV. USA. "Episodes" ou la TV US au mixer?


"Episodes" est l'une des nouvelles séries de Showtime. Elle mérite toute notre attention, au moins parce qu'il s'agit d'une co-production anglo-américaine (fait quand même relativement rare). La série a été créée par deux producteurs américains David Crane (co-créateur de Friends) et Jeffrey Klarik (Half & Half, the Class) pour Hat Tricks productions (Father Ted, Have I got news for you).

De plus niveau acteurs, on retrouve des acteurs anglais de grande classe : Stephen Mangan (Green wing, dirk gently) et Tamsin Greig (Green wing, black books).

Enfin, la série, dont le premier épisode a été diffusé le 9 janvier aux Etats-Unis, et le lendemain en Angleterre (sur BBC2), aborde un sujet qui nous intéresse au plus haut point : le cas des séries anglaises à succès qui sont récupérées par des chaines américaines qui tournent à la va-vite des adaptations désastreuses qui ne dépassent généralement pas le stade de pilote : "Coupling", "the IT crowd",...

Au début du pilote de "Episodes", le producteur américain rencontre un couple de scénaristes qui viennent de remporter le BAFTA. Il se déclare fan de leur série ("j'aime tellement votre série que j'aimerais lui faire l'amour") et leur propose de venir à Los Angeles pour en signer l'adaptation américaine. Évidemment, une fois sur place, rien ne sera simple,...

La série a pour l'instant surtout fait parler d'elle car elle marque le grand retour de Matt le Blanc (Joey dans "Friends"). Ce dernier ne fait qu'une courte apparition dans le pilote, mais sera bien sûr le personnage central de la série (d'après les producteurs, la série n'aurait pu se faire sans son implication).

La série serait une revanche personnelle de la part du co-auteur Jeffrey Klarik qui, bien qu'il soit américain, a dû souvent faire face à la bêtise de certains producteurs américains et affronter le côté rouleau compresseur de la production made in US.

Le premier épisode décrit bien les obstacles que doivent rencontrer les scénaristes nouvellement arrivés aux Etats Unis (le fait qu'ils soient anglais ne sert qu'à renforcer la dénonciation du système dans une tradition satirique bien connue depuis belle lurette - voir les "Lettres persanes" de Montesquieu ou "les voyages de Gulliver" de Swift). Même si la série pour l'instant joue plutôt de l'ironie que de l'humour facile typique aux sitcoms (et risque ainsi de décontenancer certains spectateurs), elle a été plutôt bien accueillie par la critique et le public.

Rien que par son sujet, la série est à suivre. On lui souhaite longue vie!